Une boîte à outils pour intégrer l'équité dans l'aménagement et la participation publique
Comment faire en sorte que les espaces publics répondent aux réalités d’une diversité de personnes? Comment mieux prendre en compte les inégalités dans les projets d’aménagement? Et comment créer des conditions favorables à la participation de celles et ceux qui sont moins souvent entendus?
Le Centre d’écologie urbaine propose une boîte à outils pour accompagner les professionnel·les de l’aménagement et de la participation publique, ainsi que les groupes citoyens qui souhaitent contribuer à des milieux de vie plus équitables. Cette boîte à outils est le fruit d’une collaboration étroite avec la Table des groupes de femmes de Montréal, notamment grâce à l’expertise de son comité mobilité, et a bénéficié de l’apport de Carling Sioui, architecte paysagiste et artiste wendat qui offre des services de consultation autochtone au sein de Consultations O’yenhra’.
Pourquoi bâtir une ville équitable?
L’espace public n’est pas vécu de la même façon par tout le monde. Le genre, l’âge, les capacités physiques, l’origine sociale ou migratoire et d’autres facteurs peuvent influencer la manière dont une personne se déplace, utilise un lieu, s’y sent en sécurité ou participe aux décisions qui concernent son milieu de vie.
Bâtir une ville équitable demande donc de reconnaître cette diversité des expériences et de porter attention aux inégalités qui peuvent être reproduites par les façons d’aménager et de prendre des décisions. L’Analyse différenciée selon les sexes dans une perspective intersectionnelle (ADS+) permet notamment de mieux comprendre ces réalités et d’adapter les interventions en conséquence.
Cette boîte à outils propose des repères pour intégrer l’approche de l’ADS+ dans les pratiques d’aménagement, les démarches participatives et les initiatives portées par les communautés.
Quatre fiche pour passer à l'action
1. Comprendre les inégalités urbaines
L’espace public n’est pas neutre
Cette fiche permet de mieux comprendre comment les inégalités systémiques influencent l’expérience de l’espace public. Elle présente notamment les notions d’intersectionnalité, d’approche décoloniale, de droit à la ville et d’ADS+.
→ Consulter la fiche 1
2. Questionner les choix d’aménagement
S’appuyer sur des principes clés pour créer des aménagements équitables
Les 7 principes d’aménagement équitables offrent des points d’appui pour réfléchir aux usages, à l’accessibilité, à la sécurité, à la vie communautaire et à la représentation dans l’espace public.

Ces principes ne constituent pas une recette universelle. Ils invitent plutôt à observer différentes réalités, à identifier les exclusions potentielles et à composer avec des besoins parfois contradictoires.
3. Rendre la participation plus équitable
Adopter l’ADS+ dans les processus participatifs
Une démarche participative n’est pas automatiquement équitable. Les horaires, les lieux, le langage utilisé ou encore l’accessibilité des activités peuvent influencer la capacité de certaines personnes à participer et à être entendues.
Cette fiche propose des repères pour intégrer l’ADS+ aux différentes étapes d’un processus participatif, du diagnostic au suivi et à l’évaluation.

4. Renforcer le pouvoir d’agir des communautés
L’urbanisme communautaire
L’urbanisme communautaire permet à des groupes citoyens d’initier une démarche pour mieux comprendre leur milieu, définir une vision et contribuer directement à sa transformation.
Cette fiche présente les grandes étapes d’une telle démarche et les rôles complémentaires de la population, des organismes communautaires et des professionnel·les de l’aménagement. Elle s’appuie notamment sur l’exemple du projet Parc Toujours citoyennes! à Sainte-Julie.
Des outils à adapter à chaque milieu
Il n’existe pas une seule façon de bâtir une ville équitable. Les outils proposés ici sont des points d’appui à adapter selon les réalités du territoire, les personnes concernées, les ressources disponibles et les objectifs du projet.
L’essentiel est de créer les conditions pour mieux comprendre les réalités vécues, croiser les savoirs et prendre des décisions plus conscientes de leurs effets sur les différentes personnes qui vivent la ville.
