Comprendre les enjeux climatiques et définir l'objectif de la mobilisation
1. S’informer sur les enjeux
La première étape consiste à s’assurer, avec les parties prenantes, d’avoir une compréhension commune des enjeux liés aux changements climatiques. Ceux-ci sont multiples et interconnectés : impacts environnementaux majeurs (élévation du niveau de la mer, événements extrêmes, perte de biodiversité), conséquences socio-économiques (précarité, déplacements de populations, insécurité alimentaire et hydrique, problèmes de santé) et défis politiques globaux (migrations, conflits).
Deux grandes stratégies d’action permettent d’y répondre :
- la lutte aux changements climatiques (ou atténuation), qui vise principalement la réduction des émissions de gaz à effet de serre (GES),
- l’adaptation, qui cherche à rendre les milieux et les communautés moins vulnérables et plus résilients face aux effets des changements climatiques.
Des fiches informatives sont mises à votre disposition pour approfondir ces enjeux et soutenir le partage de connaissances avec votre communauté :
- Les changements climatiques
- La vulnérabilité aux changements climatiques
- La différence entre la lutte et l’adaptation aux changements climatiques
- Répertoire d’inspiration d’actions collectives
2 Choisir l’objet de la mobilisation
Une fois les enjeux mieux compris, il s’agit de déterminer l’objet de la mobilisation, soit le thème ou la problématique sur laquelle portera le projet. Les actions concrètes seront définies ultérieurement, à la phase 3 - Explorer.
Cette étape repose sur deux démarches complémentaires.
2.1. Rassembler et analyser les données disponibles
Il est d'abord important de dresser un portrait du milieu à partir des données existantes et accessibles en ligne. Selon le type de projet, ces données peuvent concerner :
- les émissions de gaz à effet de serre et les sources principales,
- les modes de transport et les options de mobilité active ou collective,
- les aléas climatiques auxquels la communauté est exposée,
- les données territoriales liées à ces aléas (température, précipitations, îlots de chaleur ou de fraîcheur, zones inondables, etc.).
À ces données quantitatives s’ajoutent des données qualitatives, issues du vécu des personnes :
- quels effets des changements climatiques sont les plus ressentis?
- quelles sont vos principales inquiétudes?
- qu’est-ce qui vous motive à agir?
Ces informations permettent de tracer un portrait général des enjeux vécus par la communauté, qui soutiendra la prise de décision.
Plusieurs ressources et activités sont disponibles pour recueillir ces données. Depuis 2019, l’Institut national de santé publique du Québec (INSPQ) réalise une évaluation des vulnérabilités et des risques régionaux liés aux changements climatiques dans l’ensemble du Québec. Cette évaluation permet d'identifier les populations les plus à risque face aux aléas climatiques, comme les enfants, les personnes aînées, les personnes avec des incapacités, les personnes à faible revenu, les personnes issues de minorités ethniques, etc.
Si certaines données sont manquantes, elles peuvent être complétées, au besoin, lors de la phase 2 - Comprendre, grâce à des activités participatives avec la collectivité.
L’objectif principal est de dresser un portrait général des enjeux vécus dans le milieu, afin de guider les décisions sur l’objet de la mobilisation.
2.2. Présenter les données et identifier le changement souhaité
Sur cette base, un travail collectif permet d’identifier la visée du projet : sur quelle facette pouvez-vous et souhaitez-vous agir? Quel est l’objectif de votre projet? À quelle échelle souhaitez-vous agir? Quelles sont les contraintes et les possibilités?
Dans les initiatives de lutte aux changements climatiques, l’objet de la mobilisation peut concerner la gestion des déchets, la mobilité, le cadre bâti ou encore la captation du carbone. En adaptation, il peut viser les chaleurs extrêmes, les inondations, les sécheresses ou l’insécurité alimentaire.
Quel que soit le choix, l’objet de mobilisation doit être clair, précis et porteur de sens pour les personnes mobilisées.
Un outil de soutien à la priorisation est disponible pour accompagner cette étape.
3. Poser les bases du projet
La réussite d’un projet d’urbanisme participatif repose sur l’identification et la mobilisation, dès le départ, de personnes actives dans le milieu. Ces parties prenantes peuvent inclure des groupes citoyens ou communautaires, des personnes ressources reconnues pour leur expertise, ou encore des représentant·es de populations clés.
La mise en place d’un comité de suivi représentatif du milieu et des populations touchées peut soutenir la démarche. Celui-ci peut notamment :
- Préciser le processus et les activités,
- Appuyer la mobilisation de la communauté,
- Croiser les perspectives et les expertises au sein d’un espace de concertation,
- Guider le projet à travers les différentes phases,
- Partager des réflexions, contraintes et opportunités,
- Contribuer à la construction d’une vision commune.
À cette étape, il est important d’établir des balises claires afin d’assurer le bon déroulement et la réussite de la démarche participative. Ceci passe d’abord par la définition du territoire d’intervention, puis par la clarification des objectifs, des cibles et des indicateurs de suivi liés au projet.
La phase de démarrage se conclut par l’élaboration d’un échéancier réaliste et par l’identification des ressources (financières, humaines et matérielles). L’utilisation d’un calendrier de planification permet de visualiser l’ensemble du processus et les activités prévues. Enfin, une répartition claire des rôles et des responsabilités contribue à assurer une mise en œuvre efficace et cohérente du projet.
